Paris et les Jeux Olympiques 1924 et 2024
- Florence Legrand
- 23 oct. 2023
- 9 min de lecture
Baignant dans le milieu sportif depuis toujours ou presque, je ne peux qu'être sensible à l'arrivée des JO à Paris en 2024, intérêt évidemment partagé par nombre de personnes dans mon entourage. J'ai donc sauté sur une des propositions du catalogue de Xavier, notre guide :"LE PARIS DES JEUX OLYMPIQUES 1924 et 2024 : Un siècle après les derniers Jeux Olympiques à Paris la capitale sera le terrain d'une véritable fête populaire du sport. Sur un parcours de 2024 mètres, nous passerons devant des monuments emblématiques de Paris construits notamment pour les Expositions Universelles, dont celle de 1900. Cette année-là Paris devint le phare du monde artistique et sportif. Nous cheminerons sur quelques sites prévus pour accueillir les jeux de Paris 2024 en évoquant de nombreuses anecdotes des JO et des athlètes du monde entier. Nul besoin d'être de grands sportifs pour participer à cette visite ! "
Le 10 juin 2023, je réussis donc à constituer un groupe avec suffisamment de personnes et nous avons retrouvé Xavier devant le grand Palais à Paris. Il nous confirme donc, ce que son programme annonce : nous allons symboliquement parcourir 2024m pendant cette promenade tout en nous informant sur les JO passés et à venir à Paris.
Au delà de cette visite, ce post est particulièrement significatif pour moi, car il est l'occasion de réunir de l'information autour d'un sujet qui va être omniprésent dans les mois qui viennent, et qui personnellement m'enthousiaste. Je crois aux valeurs du sport lorsqu'elles sont correctement prises en compte, bien sûr. Nul doute qu'un évènement aussi international fera l'objet de règlements politiques, en ces temps de guerre et conflits. Pourvu que cela ne gâche pas la fête, et que cet évènement fasse l'objet d'une réelle trêve !
Côté organisation, Il y aura toujours des polémiques sur l'argent dépensé, sur le prix prohibitif des places, la gêne occasionnée par les travaux dans les transports (pas de RER C pendant les week-end !), ou le nettoyage des monuments, etc... mais c'est aussi l'occasion d'une mobilisation des énergies au niveau des pouvoirs publics, des volontaires, des amateurs de sports en tout genre : aucun autre évènement que le sport pour unir des peuples, au moins pendant un temps !
Pour pimenter un peu le parcours, et continuer en terrasse ce petit temps de partage dans notre groupe, j'ai moi même préparé un quiz en complément des informations fournies, et que vous pouvez trouver ici.
Vous pourrez le réutiliser avec vos proches ou amis lorsque l'évènement va approcher, ou tout simplement pour satisfaire votre curiosité, et vous amuser. Toutes les réponses vous sont données dans ce post, soit directement ou soit dans les pages auxquelles vous pourrez accéder avec les liens de cet article.
Pour chaque JO, un grand nombre de symboles propres aux valeurs des JO, mais aussi au pays hôte est mis en avant. Ces symboles, on les retrouve sur tous les objets de communication de Paris 2024 comme le logo, les mascottes, ou encore la torche de la flamme
1) Le logo : L'égalité étant une valeur forte portée par le comité d'organisation de Paris 2024, les logos des jeux Olympiques (à gauche) et Paralympiques (à droite) n'ont comme différence que le symbole des anneaux sous la mention Paris 2024. On retrouve aussi dans ce logo, le visage stylisée d'une femme et d'une flamme dans le cercle d'une médaille. Rappelons aussi, que ce sont les premiers jeux où le nombre d'athlètes homme et femme sera équilibré.

2) La mascotte : Les Phryges, elles sont un symbole typiquement français puisque directement issue du bonnet phrygien de la révolution Française !
3) la torche : Objet iconique des Jeux, et objet d'art, la Torche incarne par sa forme, sa couleur et ses inspirations, l’identité de chaque édition. Là encore elle sera identique pour les Jeux Olympiques et Paralympiques avec la même différence que sur le logo. Son design a été confié au designer français Mathieu Lehanneur. Pour qu’elle reflète les prochains Jeux, Mathieu Lehanneur s’est inspiré de trois marqueurs de Paris 2024 : l’Egalité, l’Eau, et l’Apaisement. Egalité par ses proportions : symétrie gauche, droite et symétrie horizontale et verticale, l'eau par les vaguelettes sur la partie basse de la torche, apaisement par ses formes arrondies et sa couleur douce.

Cette torche qui supportera la flamme pendant un périple de 68 jours, avant d'atteindre Paris, ne visitera pas moins de 64 villes et territoires français dont certains des endroits les plus emblématiques de la France, comme le Mont Saint Michel. Dans l'Essonne, le 22 juillet 2024, soit 4 jours avant la cérémonie d'ouverture, elle traversera 11 communes : la flamme partira d’Étampes autour de l’île de loisirs. Elle traversera Chamarande et son parc, Dourdan et son château royal, Marcoussis avec son Centre national du rugby (CNR), Palaiseau et Massy en passant devant l’Opéra, Draveil, Vigneux-sur-Seine et Montgeron, d’où est parti le premier Tour de France en 1903, Évry-Courcouronnes et terminera sa course au stade Bobin à Bondoufle.
Les relayeurs de la flamme, dit les "éclaireurs" seront 10000 pour les JO pour parcourir tout le territoire, dont 3000 participeront à des relais collectifs, en équipe. 1000 autres personnes seront sélectionnées pour être les éclaireurs des Jeux paralympiques. Les chefs de file des éclaireurs (qui vont accompagner tout le parcours de la flamme) seront tous des athlètes renommés : les nageurs et champions olympiques Laure et Florent Manaudou pour la flamme olympique, et les para-athlètes Dimitri Pavadé (saut en longueur) et Mona Francis (paratriathlète). Quant à celui, ou celle qui allumera la flamme olympique à Paris lors de la cérémonie d'ouverture, son nom n'est pas encore connu. On parle de Teddy Riner ou Marie-Josée Pérec : affaire à suivre !
Evidemment la ballade s'attarde sur le sujet des lieux, à commencer par ceux qui seront dans Paris, dans des sites déjà établis et pérennes, et dans des lieux emblématiques qui seront eux uniquement aménagés pour l'occasion. Pour accéder à la carte des sites de Paris cliquez ici
Hormis le Grand Palais, tous les sites que nous avons "visités" en suivant notre guide, sont ceux qui seront aménagés temporairement, et qui sont concentrés dans la même zone : Concorde, Pont Alexandre III, Tour Eiffel, Arena champs de Mars, Pont d'Iéna, Invalides. Au total ce seront 13 sites dans Paris qui accueilleront les JO, 11 sites en île de France, et 9 sur le restant du territoire (dont 1 en outre-mer)
Cette vidéo, qui date déjà un peu, a l'intérêt de donner une idée assez précise de ce que seront les sites sur Paris. De même, à la fin (et après la pub) elle révèle le projet pour la Tour Montparnasse qui finalement ne verra pas le jour pour les JO.
La Seine (symbolisée par l'élément eau sur la torche), va être au cœur de l'évènement puisque la cérémonie d'ouverture aura lieu sur la Seine elle-même avec un défilé des athlètes sur des barges depuis Austerlitz jusqu'à la Tour Eiffel. Cet évènement aura lieu le 26 juillet 2024, et les JO s'arrêteront le 11 août par une fête de clôture, au stade de France, qui verra la montée des couleurs de la France, des JO, et des USA, puisque Los Angeles sera la ville hôte des jeux d'été en 2028. Quant aux Paralympiques, ils débuteront par une cérémonie à la Concorde le 28 août, et s'achèveront le 8 septembre.
Ce sont 32 sports (dont 28 Olympiques, et 4 additionnels proposés par l'organisation Paris 2024*, dont le breaking dance qui est complètement nouveau) qui vont être pratiqués pendant les JO ; en voici la liste :
sports aquatiques (natation, natation en eau libre, plongeon, water-polo, natation artistique), tir à l’arc, athlétisme, badminton, basketball (3x3, basketball), boxe, breaking*, canoë (canoë sprint, canoë slalom), cyclisme (BMX Freestyle, BMX Racing, cyclisme sur route, cyclisme sur piste), sports équestres (concours complet, dressage, saut d’obstacles), escrime, football, golf, gymnastique (gymnastique artistique, gymnastique rythmique, trampoline), handball, hockey sur gazon, judo, pentathlon moderne, aviron, rugby (rugby à 7), voile, tir, skateboard*, escalade*, surf*, tennis de table, taekwondo, tennis, triathlon, volleyball (volleyball de plage, volleyball), haltérophilie et lutte (lutte gréco-romaine, lutte libre).
A l'intérieur de chacun de ces sports, de nombreuses épreuves (329 en 2024 pour 128 en 1924) attendent les 10500 athlètes qui participeront à ces jeux. Pour tout savoir sur le calendrier des jeux (qui peut être modifié par le COJO en fonction des évènements), cliquez ici .
Pour tout savoir sur les sports paralympiques, c'est ici
L’ambition affichée du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (COJO) est de mettre plus de sport et d’activité physique dans le quotidien des Français. En effet, il s'agit en effet d'un enjeu de santé publique : "un adulte sur deux ne déclare aucune activité physique, et un sur deux est en surpoids. Quant aux ados, 20 % sont en surpoids et 87 % sont inactifs, plus que la moyenne mondiale. L’activité physique est pourtant médaille d’or des traitements, réduisant par exemple de 58% les risques de diabète de type 2, de 30% ceux de dépression, de 25% ceux de cancer du sein et d’accidents vasculaires cérébraux"(le Monde 3/02/2019). De quoi faire réfléchir ! Au delà de l'action symbolique , de faire participer au grand public des épreuves dans les conditions des JO, tels que le marathon pour tous ou l'épreuve de cyclisme sur route, l'organisation Paris 2024 a créé le label "Terre de jeux" destiné à impliquer d'autres villes et territoires de la France dans cet élan pour mettre le sport au cœur de la vie des français. A travers ce label, sont encouragées toutes sortes d'initiatives locales pour favoriser le sport, comme le design actif (ergonomie de la ville pour développer des espaces sportifs, comme des pistes cyclables, ou des parcours sportifs). Pour nous faire vivre l'organisation des jeux et nous partager toute l'actualité, Terre de jeux produit la série de podcast "Label Histoire" : A consommer sans modération !
C'est à partir du 26 juillet et jusqu'au 11 août qu'auront lieu les JO de Paris 2024, et du 28 août au 8 septembre les jeux paralympiques, où pour ces 2 évènements sont attendus au total environ 16 millions de touristes. Un sacré challenge à relever aussi pour la France, et notamment Paris et sa région. A chacun d'appliquer à son niveau la devise des JO : "Citius, Altius, Fortius" : « plus vite, plus haut, plus fort ».
Nous attendons évidemment des médailles, on en espère plus qu'à Tokyo où ont eu lieu les jeux d'été 2020 en 2021 (donc avec 1 an de décalage, et sans spectateur). A Tokyo, le France a récolté 33 médailles : 10 en Or, 12 en Argent et 11 en bronze, dans les disciplines suivantes : Escrime, Judo, aviron, tir au pistolet, hand-ball, volley-ball, Karaté, Planche à voile, basket, Rugby à 7, natation, Athlétisme (décathlon). Ce qui a positionné la France en 8ème position des nations.

En cheminant entre les Invalides et la place de la Concorde, nous évoquons aussi dans notre promenade, les jeux de Paris 1924, 100 ans plus tôt : du chemin a été parcouru depuis cette époque. En 1924, seulement 135 femmes sur 3089 athlètes ont participé aux JO, soit moins de 5%. Etaient pratiqués seulement 17 sports et 124 épreuves (il y en a 2,5 fois plus actuellement), mais la concurrence était aussi plus limitée, et la France a terminé 3ème avec un total de 38 médailles dont 13 en or (le classement est fait sur les médailles d'or). La période des jeux s'étalait sur 3 mois, et la majorité des épreuves avait lieu hors Paris, en majorité à Colombes, où aura lieu le hockey sur gazon en 2024. Versailles futur site des sports équestres a été utilisé à l'époque pour une épreuve de "tir de chasse aux cerfs" !
En 1924, quelques figures célèbres se sont distinguées, comme Johnny Weissmuller, futur Tarzan, qui a remporté 3 médailles d'or en natation, et une médaille de bronze en waterpolo. L’Américain Richard Norris Williams, rescapé du naufrage du Titanic en 1912, remporte une médaille d’or au tennis, mais c'est son confrère Vincent Richards, double médaille d'or plus une médaille d'argent, qui écrase toutes les chances des français au tennis (sport qui disparaîtra des JO ensuite pour réapparaitre en 1988 eux jeux de Séoul). Le rugby, dont Pierre de Coubertin était pourtant fan, disparaîtra aussi suite à cette édition où la finale France/USA perdue par la France 17 à 3, se termine en bagarre entre supporters, et violence envers l'équipe Américaine, loin du fairplay prôné par les JO. Il ne réapparaîtra qu'en 2016 aux Jeux de Rio sous forme de Rugby à 7.
En athlétisme, Le Finlandais Paavo Nurmi, surnommé le finnois volant, réalisa l'exploit de remporter les finales du 1 500 m et du 5 000 m, le même jour, à deux heures d'intervalle, et ajouta à ces titres ceux du cross-country (individuel et par équipes) et celui du 3 000 m par équipes (La Finlande termine à la 2ème place des nations cette année là).
Evidemment les jeux paralympiques n'existaient pas, les premiers jeux officiels ont eu lieu en 1960 à Rome. Ils ont vu le jour à l'initiative d'un neurologue allemand, Sir Ludwig Guttmann, qui officiait dans un hôpital militaire situé à 60km au nord de Londres, à Stoke Mandeville. Celui-ci cherchait un moyen d'accélérer le rétablissement de ses patients paraplégiques, tous vétérans de la Seconde guerre mondiale. Il a donc eu l'idée en 1948 de créer une compétition de tir à l'arc, et de basket avec 16 vétérans en fauteuil.
Xavier nous rappelle que les jeux culturels introduits en 1924 par des concours d'art, sont à nouveau d'actualité. De nos jours, l’Olympiade Culturelle est un programme mis en place par le CIO qui permet au pays hôte de faire dialoguer sport et culture sur tout son territoire, pendant quatre ans, avant les Jeux et jusqu’à la clôture des jeux paralympiques.
Tony Estanguet : « On oppose parfois le sport et la culture, mais je crois au contraire qu’ils ont beaucoup de choses en commun : la performance, les émotions, la recherche de la beauté du geste, mais aussi, surtout, leur capacité à proposer une diversité de disciplines qui sont autant de canaux d’expression uniques pour se construire, s’émanciper, trouver sa voie, se sentir bien…L’Olympiade Culturelle, c’est l’occasion, pour la 1ère fois, de montrer tout ce qui nous rassemble. C’est l’occasion de célébrer cette proximité de valeurs, de sens et de diversité que le sport et la culture ont en commun. » En ce qui me concerne, je vais mettre à profit l'arrivée de cet évènement exceptionnel en l'utilisant comme fil rouge pour de prochaines sorties, comme la visite de l'exposition "mode et sport d'un podium à l'autre" au MAD qui fait partie de ce programme des Olympiades culturelles. Rendez vous le 5 décembre pour la sortie, et dans ce blog pour le compte rendu peu après.



Commentaires